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13/02/2009

Singapour ( ville ordinateur )

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En 1965, Singapour est un pays neuf, avec une population restreinte : trois millions d'habitants pour la plupart chinois. Profitant de cette situation exceptionnelle, Lee Kwan Yew, ingénieur et Premier ministre, a tenté de fonder le premier État ordinateur.
Comme il le dit lui-même : "Les citoyens singapouriens sont les puces électroniques d'un ordinateur géant : la République de Singapour." Lee Kwan Yew est un pragmatique. Il a commencé par assurer la sécurité de son petit Disneyland contre ses grands voisins envieux et agressifs : Malaisie ( 16 millions d'habitants ) et Indonésie ( 170 millions d'habitants ), par une armée high-tech équipée des machines les plus sophistiquées. Voilà pour l'extérieur.


Pour l'intérieur, il veut que l'ordre règne parmi ses petites puces électroniques. Il range d'un côté la ville touristique, de l'autre la ville économique, et crée ensuite la ville-dortoir. Les trois sont rigoureusement séparées par une frontière constituée de cinq kilomètres de pelouse nickel. Il édicte des lois strictes : interdiction de cracher par terre ( 230€ d'amende ), de fumer en public ( 230€ d'amende ), de jeter un papier gras ( 230€ d'amende ), d'arroser ses pots de fleurs en laissant de l'eau stagner ( cela attire les moustiques : 230€ d'amende ), de se garer dans le centre-ville.


L'État embaume le savon. Si un chien aboie la nuit, on lui coupe les cordes vocales. Les hommes doivent toujours porter des pantalons même s'il fait chaud. Les femmes doivent toujours porter des bas même en pleine canicule. Toutes les voitures sont équipées d'une sirène interne qui vous assourdit dès que vous dépassez 80 km/h. A partir de six heures, il est interdit de rouler seul dans son automobile, il faut transporter ses collègues de travail ou des auto-stoppeurs afin d'éviter les encombrements et la pollution ( sinon 230€ d'amende ). Pour mieux connaître les trajets de ses concitoyens, la police a de toute façon obligé tous les Singapouriens à placer un émetteur sous leur voiture.
II est ainsi possible de suivre les déplacements de tous les habitants sur un grand tableau lumineux. Dès qu'on pénètre dans un immeuble, il faut donner son nom au gardien qui se tient en permanence devant la porte. La ville entière est truffée de caméras vidéo.


Singapour est une démocratie, mais pour que les gens ne votent pas n'importe quoi, on note leur numéro de carte d'électeur sur leur bulletin de vote. Le vol, le viol, la drogue, la corruption sont passibles de la peine de mort par pendaison. La condamnation au fouet existe toujours. Lee Kwan Yew se considère comme un père pour tous ses administrés. Il emprunte des idées à la fois au communisme et au capitalisme pour ne penser qu'à l'efficacité. L'État encourage l'enrichissement personnel ( les Singapouriens jouissent du deuxième niveau de vie d'Asie, juste après le Japon, et boursicotent à tout-va ) mais les logements sont offerts aux étudiants.


Tous les cultes sont autorisés, mais la presse est filtrée : pas de journaux parlant de sexe ou de politique. En 1982, Lee Kwan Yew s'aperçoit que, vieux réflexe machiste pas spécifiquement chinois, les hommes intelligents se marient avec des femmes jolies mais bêtes alors que les femmes intelligentes ont du mal à trouver des maris. Il décide dès lors de donner une prime à quiconque épousera une femme diplômée et une amende aux non-diplômées qui dépasseront l'enfant unique. Quant aux analphabètes, ils sont vivement encouragés à se faire stériliser en échange d'une forte somme d'argent. Lee Kwan Yew fait construire des écoles pour surdoués et organise des croisières gratuites pour les gens de niveau d'études très élevé.


Il constate qu'on ne peut bien éduquer que deux enfants à la fois. Le soir, la police téléphone aux familles ayant déjà deux enfants pour leur rappeler de ne pas oublier de prendre la pilule ou d'utiliser des préservatifs.


Lee Kwan Yew est parvenu à transformer son État expérimental en "Suisse de l'Asie". Pourtant sa police a une limite. Le jeu. "On peut tout faire accepter à un Chinois, sauf de s'arrêter de jouer au mah-jong", admit-il dans une de ses allocutions ...

 

Bernard Werber - ESRA

 

N'empêche ... y avait de l'idée ...

 

Stitch, qui serait complètement sourd :P

P.S : A demain ^^

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